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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 16:45

La lecture du Plan local d’urbanisme est révélatrice de certaines failles de l’actuelle municipalité.


Si la partie technique a été scrupuleusement réalisée par le cabinet d’architecture et d’urbanisme Isocèle, l’histoire de la ville a été négligée.

Les élus ont pourtant eu le temps de le lire, le critiquer et donc de l’améliorer depuis qu’ils ont eu en main le rapport du PLU, en décembre 2006,.


Les sources utilisées, tout d’abord, sont pauvres. Seul est cité l’ouvrage commandé en 1996 par la précédente municipalité : Pont-de-l'Arche : les rives de la mémoire, de Pierre Molkhou, en 1996 (p. 16 du PLU). D’ailleurs l’actuelle municipalité s’est contentée de le rééditer cette année en y insérant quelques iconographies supplémentaires ainsi qu’un chapitre sur la fin du XXe siècle. C’était une caution culturelle.


Le PLU avance donc que :

- « en 862 le pont bâti par le roi des Francs Charles le Chauve reliait le fort de Limaie (rive droite de la Seine) et les fortifications de la ville ». C’est anachronique. Pont-de-l’Arche n’existait pas encore. Le roi des Francs avait fait bâtir deux forts de part et d’autre du pont. La ville de Pont-de-l’Arche est née dans le fort de la rive gauche au fil des décennies qui ont suivi la construction du pont ;


 

- « le premier pont de la ville fut détruit par Jean-sans-terre au début du XIIIe siècle et le deuxième pont fut aussitôt reconstruit par Philippe Auguste. Ce pont subsista jusqu’au milieu du XIXe siècle ». C’est faux : Pont-de-l’Arche a connu au moins 14 ponts dans son histoire qui, au maximum, se maintinrent deux siècles chacun ;

- « les remparts de la ville étaient percés de trois portes ». Faux encore : on comptait la porte des Champs (place Aristide-Briand), la porte de Léry (rue Jean-Prieur), la porte de Crosne et la porte du pont évidemment, ce qui fait quatre entrées ;


- « la ville s’affirma comme centre militaire au XVe siècle durant les guerres de religion »... Et… à quoi servirent le pont et les forts depuis 862 si ce n’est comme verrou militaire de la Seine ? En fait, durant les guerres de religion, Pont-de-l’Arche servit à la police intérieure, c’est-à-dire à la surveillance des sujets du roi qui se rebellaient contre la religion et donc contre le roi, garant du catholicisme ;

- « la ville tirait sa richesse des taxes perçues sur le trafic fluvial ». C’est faux : la ville tirait profit de la présence de quatre tribunaux royaux au bailliage... Les taxes n’ont jamais profité à la ville mais aux gouverneurs militaires, dont Richelieu fit partie. Une partie de la population de la ville, en revanche, tirait revenu du travail de halage des bateaux sous le pont, mais pas des taxes ;


- « la première église fut détruite et remplacée par l’église flamboyante Notre-Dame-des-arts ». La première église, s’il s’agissait bien de la première église de la ville, fut remplacée par l’édifice que l’on connaît aujourd’hui. Mais celui-ci était placé sous le patronage de Saint-Vigor. Ce n’est qu’en 1893 que l’église paroissiale fut placée sous le vocable de Notre-Dame-des-arts par Octave Philippe, curé de la paroisse ;


- « l’allégeance de la ville à Henri IV permit de ne pas démanteler les fortifications »... C’est en fait la volonté du roi qui permit aux remparts de se maintenir car Pont-de-l’Arche relevait du domaine royal. Quant au « prestige » de Pont-de-l’Arche jusqu’au XVIIIe siècle ce ne sont pas les remparts tombant en ruine, ni même le château servant de prison qui le lui conférèrent... mais bel et bien l’assise du pouvoir royal grâce aux quatre tribunaux et au gouvernement militaire de la ville ;


- quant au « développement économique », le rôle agricole de la ville est passé sous silence : Pont-de-l’Arche était un pôle pour les terres avoisinantes grâce aux moulins sur le pont, la halle aux grains et le marché de la ville... ;


- « à la Révolution Française le château de Limaie et les remparts de la ville sont démantelés, ce qui libère la ville du carcan dans lequel elle ne pouvait évoluer ». Quelle incohérence ! Juste avant dans le texte il est écrit que la ville de Pont-de-l’Arche était riche de son histoire événementielle mais aussi des vestiges qui subsistent, dont les remparts... Ceux-ci n’ont donc pas été démantelés, du moins très peu car notre ville compte parmi les rares cités haut-normandes à être encore entourées d’un réseau de remparts médiévaux ;


- « la ville ne pouvait évoluer hors des remparts ». Le faubourg des Champs est un quartier qui a émergé en dehors des murs de la ville depuis le XVIe siècle. Les remparts n’ont donc pas constitué un frein à l’évolution de la ville. En revanche, la population de Pont-de-l’Arche n’a pas évolué comme celles d’Elbeuf et de Louviers dont les industries lainières se portaient bien. Pont-de-l’Arche vivait surtout du halage des bateaux, des privilèges royaux, et son industrie fut bloquée par les corporations des villes industrielles de la région… ;


- « en 1850 la ville comptait 21 entreprises de chaussons »… C’est faux. En fait une seule entreprise existait alors. Il faut attendre les années 1930 pour en voir autant dans laville ;


- « l’ancienne école fut construite à la place de l’Hôtel-dieu » (actuelle salle Ambroise-Croizat)… En fait l’Hôtel-dieu avait été déplacé au XVIIe siècle dans la rue Blin, là où se situe l’hôpital local de nos jours. C’est Julien Blin, maire, qui offrit dans les années 1830 une maison qu’il venait à peine de bâtir sur la cave de l’ancien Hôtel-dieu : la « salle d’Armes »...

Voir le rapport du PLU sur le site de la ville :

 

Quant au PLU en lui-même, voir une brève de notre article :

http://droitdecite.over-blog.net/article-7175888.html

Et nous y reviendrons…

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Published by Droit de cité - dans Education & culture
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